The Long Walk
- Benjamin Forgues

- 13 mai
- 3 min de lecture

Benjamin: Ce n'était pas avec ce film que je pensais commencer ce concept, mais c'est intéressant.
Élisabeth: Marche ou crève.
B: Je te lance sous l'autobus, c'était ton choix de film à la base... Qu'est-ce qui t'appelais dans ce film?
É: C'est parce que je trouvais le concept intéressant. J'ai beaucoup aimé les Hunger Games, donc je me disais que ça allait sûrement être dans le même genre, mais finalement pas du tout, on dirait que c'est un Hunger Games des pauvres, avec une histoire vraiment mauvaise.
B: L'histoire dans le fond, on suit des jeunes hommes aux États-Unis qui sont sélectionnés par État je pense pour marcher et c'est un concours où une personne doit gagner, du moment que tu arrêtes de marcher tu reçois un avertissement et au bout de trois tu meurs, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul participant en vie.
É: Il y a un concept intéressant de réflexion par rapport à vivre dans la pauvreté que ça n'en devient pu vraiment un choix de participer, tu espères «être choisi» parce que c'est la seule voie pour te sortir de ta situation financière, donc c'est pas vraiment un volontariat.
B: Le pire c'est qu'on ne l'exploite pas tant que ça...
É: Oui on le mentionne au début malheureusement et puis ça ne revient pas nécessairement dans les motifs des personnages. Tu sais qu'il y a des spectateurs, qu'il y a beaucoup de gens qui regardent, où leur contribution à la nation est comme mise sur un piédestal.
B: Ça m'a fait penser un peu à The Running Man qu'on a regardé ensemble, la version récente d'Edgar Wright, qui n'est pas tellement bonne d'ailleurs, mais que j'ai quand même vraiment préféré à The Long Walk. Aussi, à l'instar de The Running Man, c'est un roman de Stephen King. Je pense que sous forme littéraire ça doit être beaucoup plus pertinent, on a quand même affaire à des enjeux philosophiques intéressants qui sont moyennement bien abordés dans le film mais qui doivent être plus élaborés dans le roman. J'ai aussi l'impression que sous forme théâtrale ça aurait un potentiel certain, mais comme le cinéma est un médium visuel, on est confronté à pratiquement 2h de gens qui marchent et ce n'est vraiment pas intéressant à regarder cinématographiquement.
É: Je ne trouve pas non plus que les acteurs se sont nécessairement bien appropriés leurs lignes, j'ai l'impression qu'ils lisaient un texte par moment, ce n'était pas senti. Ils font tout pour que tu t'attaches aux personnages qui meurent, mais ils sont tellement stéréotypés donc on passe à côté de la cible.
B: Je suis d'accord avec toi, mais je pense qu'heureusement que Cooper Hoffman était là avec David Jonsson, les deux ajoutaient quand même un peu d'humanité à tout ça.
É: Surtout David Jonsson que je trouvais plus attachant, Cooper Hoffman a plus l'air d'un genre de personnage sans personnalité qui est fait pour que tu te projètes en lui.
B: Aussi, sans divulgâcher, il y a quand même un aspect vengeance qui va alimenter la quête du protagoniste, mais qui est comme implanté au milieu du film. On dirait que le scénariste était dans un cul de sac et qu'il devait trouver un moteur pour faire avancer son histoire. Contrairement à un John Wick, par exemple, où dès le départ tu ressens la douleur vive et ce désir de vengeance là, c'est ce qui fait qu'on reste captivé tout le long par ce qui se passe à l'écran.
É: C'est très mélodramatique aussi, dans le sens qu'à chaque mort, ça nous l'annonce en commençant à jouer du violon tant dans la musique que dans les textes. Ça en devient un leitmotiv auquel on n'embarque pas vraiment au fur et à mesure que ça se déploie.
B: Exact et puis comme ceux qui meurent rapidement, on se fout particulièrement d'eux, au moment d'arriver aux personnages importants qui finiront par trépasser, ça devient banal parce qu'on a compris la formule qui n'en finit plus de se répéter.
É: La fin aussi est décevante, on s'attend à quelque chose de gros et puis ça nous laisse sur notre faim. J'avais confiance que ça me laisse sur le bout de ma chaise, mais pas du tout.
B: Absolument, ça finit très sec, à l'image du film, un petit pet sec... Combien tu donnes sur 10?
É: 2 sur 10, déception...
B: Je ne dirais pas déception, pour moi, c'est un concept complètement stupide et puis je m'attendais à ça. Ça vaut un maigre 3 sur 10.
É: Pourtant les critiques sont plutôt bonnes, j'avais quand même une certaine anticipation, finalement pas vraiment.



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