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The Vanishing (1988)

  • Photo du rédacteur: Benjamin Forgues
    Benjamin Forgues
  • il y a 6 jours
  • 5 min de lecture

Benjamin: Je t'emmène dans une autre zone complètement opposée à ce qu'on a vu avant.


Élisabeth: Marche ou crève...


B: Qui est purement hollywoodien dans sa forme et justement, le film dont on parle aujourd'hui est une oeuvre néerlandaise de George Sluizer qui a eu un remake quelques années plus tard à Hollywood. Le remake va beaucoup plus dans le sens de Marche ou crève dans ses morales, dans sa structure de vengeance, alors que la version originale, l'histoire appelle à ça, mais on nous amène complètement ailleurs. Alors, The Vanishing... de quoi ça parle?


É: Ne jamais faire confiance à un sociopathe.


B: Je voulais finir en disant que la morale du film est de ne jamais faire confiance à un homme qui porte le pinch...


É: Premièrement, quand quelqu'un te dit que c'est un sociopathe, je ne suis pas certaine que c'est une bonne idée de lui faire confiance. De deux, le monsieur en plus s'il ressemble à Bubbles dans Trailer Park Boys, c'est un autre red flag.


B: Haha ok, mais de quoi ça parle The Vanishing, c'est quoi l'histoire?


É: Tu suis un homme qui essaye de comprendre pourquoi et comment sa copine a disparu dans leur voyage trois ans auparavant, de leur prénom Rex et Saskia. Mais ce qui est spécial pour moi et qui sort de l'ordinaire, c'est qu'il n'y a pas de cachette, tu le sais dès le départ c'est qui le vilain. Il n'y a jamais de doute...


B: Ce qui vient déconstruire le genre, un film américain serait focalisé à essayer de trouver l'identité du méchant, tandis que là on est vraiment plus dans l'exploration du mal, le mal incarné par un homme en apparence saine et heureuse, alors qu'est-ce qui le pousse à commettre des atrocités comme ça...


É: Oui, c'est surtout le pourquoi qu'on essaie d'explorer...


B: Et qu'on ne sait pas plus au final, mais il en parle un peu à un moment donné, ça reste quand même vague.


É: En effet, c'est comme un peu de nous présenter le vilain comme tellement faible, incapable d'arriver à son but et qu'il doit attendre que les étoiles s'alignent pour que son plan se réalise. Comme quoi le destin peut être parfois cruel s'il te choisit comme victime.


B: Justement c'est ce qui rend le film intéressant dans le sens que ça ressemble un peu à rien de ce qu'on a vu avant. Ça me ramène un peu aux films d'Hitchcock dans le sens que, regarde Psycho où la protagoniste meurt au milieu du film, c'est capotant, dans une structure classique habituelle le personnage principal va généralement toujours gagner à la fin ou du moins s'y rendre pis là ça nous déboussole complètement. The Vanishing nous amène un peu dans ces eaux là aussi et c'est ce qui en fait la force. D'ailleurs pour un film de 1988, est-ce que tu trouves que ça fait son âge?


É: Non, je trouve que les sujets sont encore d'actualité. On s'entend que c'est encore une femme qui est visée, c'est des histoires qui arrivent trop souvent malheureusement encore aujourd'hui, surtout dans les communautés autochtones. Ça témoigne quand même de la faiblesse et de la lâcheté du méchant, je me suis même demandé s'il avait poussé la petite fille qui se noyait devant sa famille de manière à se donner une image de sauveur. Je ne suis pas certaine...


B: Je pense pas non plus, c'est surtout que ça sert à le nuancer et à nous donner envie de le suivre. C'est même lui le protagoniste qui dirige l'histoire au final, on s'intéresse beaucoup plus à sa psychologie tordue qu'à la quête de vérité de l'autre personnage.


É: Sa fille aussi est weird...


B: C'est de père en fille faut croire.


É: D'ailleurs, un sociopathe c'est quelqu'un qui témoigne d'un profond manque d'empathie, d'une absence de remord et une forte propension à manipuler les autres. C'est exactement ça, ça en devient un jeu pour lui. Pendant un moment, je me suis dit que c'est comme un narcissique qui essaye de rendre ça encore vivant dans l'esprit du gars le plus longtemps possible en lui envoyant des indices pour que le gars s'intéresse à lui, où il est fier de lui montrer son jeu et comme pour prouver son intelligence.


B: Je suis d'accord. Au delà de tout ça, comment t'as apprécié le film?


É: J'ai aimé, je suis restée accrochée tout au long, le rythme est très bon.


B: J'aime le ton au départ que ça a l'air d'un petit film d'amour, des petites vacances tranquilles et rapidement ça dérape où on reste pris dans cette espèce de folie là et jamais on décroche.


É: Et puis le titre c'est quand même The Vanishing, donc tu le sais que la fille va se faire enlever, mais il y a plein de moments avant que ça arrive qu'on nous offre la possibilité qu'on soit arrivé au moment fatidique, qu'à chaque fois qu'il revient tu t'attends à ce qu'elle ne soit plus là et elle finit toujours par y être. Ça ajoute donc au jeu auquel le cinéaste nous embarque et puis tu tombes en hyperanalyse de tout ce qui se passe à l'écran.


B: Mais ça devient complètement secondaire parce qu'on se fout un peu de comment elle est disparue...


É: Exact, ça nous plonge dans les chaussures de Rex comme spectateur pour pleinement vivre son obsession.


B: Au final, cette quête de vérité sert à rien, c'est génial à mon avis.


É: Et puis la copine que Rex se fait à travers le temps, peut-on en parler? Elle sert absolument à rien.


B: En même temps je pense qu'elle est là pour jouer sur le dilemme moral de continuer à avancer ou vivre dans le passé dans un moment où Rex est incapable de décrocher.


É: La scène aussi où il cherche des noms de femmes et que ça lui sort Saskia partout sur l'écran...


B: Beau petit clin d'oeil à The Shining, All work and no play makes Jack a dull boy...


É: J'ai trouvé beaucoup de ressemblances avec un anime qui s'appelle Monster, où tu suis l'histoire d'un homme à la recherche d'un sociopathe très intelligent qui «joue» avec le personne principal.












B: Effectivement à part le pinch, je le vois le méchant.


É: Et tout le jeu mental que le méchant fait subir à l'homme est vraiment similaire. Je me demandais si ça avait été inspiré, peut-être...


B: C'est intéressant aussi de voir un film néerlandais, ce n'est pas un pays qui a nécessairement un cinéma national important comme la Hongrie mettons ou d'autres pays du genre. C'est sur que ça se passe surtout en France, c'est une coproduction, mais on est quand même dans une autre culture et autre langue qu'on voit rarement donc c'est le fun. Sluizer est un cinéaste néerlandais qui a d'ailleurs réalisé le remake américain, ça te donne tu le goût de le voir avec Jeff Bridges?


É: Je pense que je vais aller voir des extraits pour faire la comparaison, dans un contexte plus récent...


B: C'est pas tellement plus récent, ça a été fait quelques années plus tard en 1993. Dans un cours au Cégep on avait fait l'exercice de comparer les deux et c'est vraiment moins bon. C'est le cliché du méchant qui meurt jamais, on est loin de l'original malheureusement, on en perd l'esprit initial, peut-être que les studios ont trop eu leur mot à dire.


É: Je voudrais revenir à la scène du tunnel au début, je la trouve intéressante. Tout est lié à ça, à sa culpabilité de l'avoir abandonnée à ce moment et la promesse qu'ils se sont fait après. Elle qui l'attend au bout du tunnel, ça parle beaucoup de ce qui nous attend.


B: Absolument, c'est pas anodin. Alors, sur 10 combien tu lui donnes?


É: Un bon 8...


B: Pareillement 8 sur 10, c'est un bon film dans le genre, très efficace, ça nous sort de notre zone de confort.

 
 
 

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