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Cannes 2026: Le doublé pour Cristian Mungiu

  • Photo du rédacteur: Benjamin Forgues
    Benjamin Forgues
  • 25 mai
  • 3 min de lecture

La 79e édition du Festival de Cannes a tiré sa révérence ce samedi. Pour l'occasion, un autre cinéaste vient rejoindre le club sélect des doubles palmés. Dans l'Histoire, seulement neuf ont réussi l'exploit et jamais personne n'a été en mesure d'en décrocher une troisième. Sans plus attendre, voici les grands gagnants du festival cette année.


Palme d'or

Fjord de Cristian Mungiu

Comme mentionné plus haut, le cinéaste roumain récolte une deuxième palme à son actif, 19 ans après 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Dans Fjord, Renate Reinsve (Julie en 12 chapitres, Valeur sentimentale) et Sebastian Stan (The Apprentice, Fresh) incarnent un couple très croyant qui s'installe en norvège et qui fera face à des soupçons de maltraitances auprès de leurs enfants. L'enquête qui s'ensuit plongera la famille dans un profond chaos. Ce sera assurément à surveiller à sa sortie en salle au Québec alors qu'il sera distribué par Entract Films.


Grand Prix

Minotaure de Andreï Zviaguintsev

Le cinéaste exilé russe (Leviathan, Faute d'amour) en est à sa quatrième apparition dans le palmarès cannois pour un de ses films. Minotaure se situe en 2022, en pleine invasion de l'Ukraine par la Russie, où un dirigeant d'entreprise verra sa vie, tant professionnelle qu'amoureuse, s'effondrer devant ses yeux. Le tout le verra réagir de manière plutôt douteuse. Critique acerbe du régime Poutine, Zviaguintsev nous promet encore une fois un film très chargé politiquement.


Prix du jury

L'aventure rêvée de Valeska Grisebach

Quatrième long métrage pour la cinéaste allemande, elle nous plonge cette fois-ci dans les bas-fond de la contrebande d'essence aux frontières entre la Bulgarie et la Turquie qui impliquera le crime organisé. À travers tout ça, elle explorera l'explosion des Balkans et les bouleversements politiques qui ont eu lieu en Bulgarie en 1989. Le film se démarque par son choix d'utiliser des acteurs non-professionnels. Ça promet!



Prix de la mise en scène (ex-æquo)

La bola negra de Javier Ambrossi et Javier Calva,

Fatherland de Pawel Pawlikowski

Adapté du roman inachevé du même titre de Federico Garcia Lorca, La bola negra nous amène à suivre trois hommes homosexuels en trois époques distinctes de l'Espagne, soit 1932, 1937 et 2017. À travers le temps, ces trois hommes seront unis par un même fil invisible. On s'attend donc à un film puissant et sensible à la fois.


Quant à Fatherland, Pawlikowski récolte un deuxième prix de la mise en scène après Cold War en 2018. Comme ce dernier, le cinéaste polonais nous plonge à nouveau en pleine Guerre froide, alors que l'écrivain Thomas Mann doit retourner pour la première fois en Allemagne depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale afin d'aller prononcer un discours à l'occasion du 200e anniversaire de Goethe. Le tout se déroulera à Weimar, ville en pleine occupation russe. Ça semble absolument déchirant, nous offrant un regard sur une europe détruite et divisée, un potentiel miroir sur les tensions actuelles.


Prix du scénario

Notre salut de Emmanuel Marre

Deuxième long métrage du cinéaste français après Rien à foutre avec Adèle Exarchopoulos, il nous propulse ici en pleine Deuxième guerre mondiale où il raconte une parcelle de vie de son arrière-grand-père. Ce dernier se rend à Vichy en 1940 sous le régime de Pétain pour y faire publier son manuscrit qui ferait sortir la France de la débâcle. On s'attend donc à un film qui explorera un côté plus sombre de l'Histoire française avec beaucoup de nuances.


Prix d'interprétation féminine (ex-æquo)

Virginie Efira et Tao Okamoto dans Soudain de Ryusuke Hamaguchi

Ces deux actrices semblent s'inscrire comme le moteur de ce nouveau film du cinéaste japonais. Du haut de ses 196 minutes, le récit s'inspire d'un échange épistolaire entre une philosophe japonaise qui lutte contre un cancer du sein et une anthropologue, les deux qui s'imposent comme des figures de proue dans la mise en place d'une méthode de soin axée sur l'écoute et la dignité. Encore une fois, Hamaguchi nous promet une ode à la vie qui sera assurément riche en émotion.


Prix d'interprétation masculine (ex-æquo)

Emmanuel Macchia et Valentin Campagne dans Coward de Lukas Dhont

Ces deux acteurs semblent nous offrir une performance sensible dans le contexte tragique de la Première guerre mondiale. On sait aussi comment le cinéaste belge sait diriger ses acteurs pour nous livrer beaucoup d'émotions. Il nous plonge cette fois-ci en plein coeur du front belge où on suit des jeunes qui tenteront de maintenir le moral en organisant des spectacles au sein des troupes pour échapper, le temps d'un moment, à la brutalité de la guerre. Ça promet, encore une fois, d'être un film émouvant de la part de Lukas Dhont.


 
 
 

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