Toy Story 5
- Benjamin Forgues

- 27 juin
- 5 min de lecture

Benjamin: C'était quoi ton anticipation par rapport au film? Moi, après le 4 qui était assez désastreux, à mon avis, j'étais plutôt sceptique à l'idée d'un cinquième film. Mais quand ils ont annoncé Andrew Stanton aux commandes, ça m'a amené un peu plus de confiance dans le projet. C'est quand même lui qui a réalisé plusieurs des meilleurs films de Pixar: Wall-E et Finding Nemo entre autre.
Élisabeth: Moi je n'avais pas vraiment d'attente, ça fait quelque Toy Story que je perd un peu l'objectif, on nous sert des morales un peu simples. Comme si pour ne pas créer de nouveau concept, on va essayer de capitaliser sur une recette qui fonctionne, ce qui devient un peu redondant et plate. C'est donc pour ça que mes attentes étaient relativement modérées par rapport à l'histoire.
B: On s'entend aussi qu'ici on revient dans ce qu'on connait, alors qu'encore une fois, ils doivent aller retrouver un personnage qui s'est égaré pour retrouver l'amour de sa propriétaire qui l'a délaissé au profit d'autre chose qui semble plus alléchant à première vue. Cependant, on l'explore cette fois-ci avec un regard différent, celui de la technologie, qui aurait pu être vraiment cynique, mais finalement c'est très bien nuancé et très bien amené.
É: J'avais peur justement parce que dans les bande-annonces, on parlait de l'arrivée de la technologie dans les interactions entre les jeunes, la façon de jouer qui évolue, donc j'avais peur que ce soit une démonisation complète. Ce qui l'était un peu au début, mais plus le film avance, plus il y a des nuances qui sont apportées. J'ai l'impression aussi que c'était un film qui visait plus les adultes que les enfants.
B: Effectivement, dans sa structure aussi, on n'y retrouve pas nécessairement de vrai antagoniste, alors que le méchant est plus un concept qu'une personne en soi, c'est une manière de voir les choses.
É: C'est la technologie...
B: Encore là, je ne vois pas la technologie comme étant le mal incarné, c'est surtout la manière dont elle est utilisée qui la rend nocive.
É: C'est ce que ça nous amène à comprendre, mais au début ce n'est pas nécessairement ça qu'on voit, alors que Bonnie reçoit une tablette Lilypad qui sert autant à jouer qu'à communiquer avec les autres.
B: Dans le sens aussi qu'il n'y a pas de gros méchant à vaincre, on n'a pas de vilain classique d'un film du genre.
É: Il y avait aussi beaucoup de morales qui visaient les adultes dans le sens des limites acceptables à autoriser aux enfants par rapport à la technologie. Qu'est-ce qui est nocif et qu'est-ce qu'il l'est moins. On voit très peu de supervision parentale dans le film en lien avec les écrans et ça met en lumière les dommages que ça peut créer chez un enfant qui n'a jamais connu la technologie et qui se retrouve devant autant de possibilités sans encadrement. Les enfants peuvent être assez méchants entre eux sans s'en rendre compte, donc ça peut faire place à l'intimidation assez rapidement de manière sournoise en ligne. On trouve une scission entre les enfants qui ont accès aux technologies et à ceux qui jouent encore dans leur imaginaire.
B: Exact, ça devient un espèce de symbole social de supériorité, il faut que tu aies accès à la technologie juste pour suivre la parade.
Ça nous confronte aussi comme adulte à notre propre rapport à l'écran. Souvent on nous montrait des gens seuls devant leur ordinateur, comme si tout ce qui se déroulait en dehors n'existait pas, ça frappe quand même.
É: J'ai trouvé qu'il y avait aussi beaucoup d'éléments que j'aurais plus vu en court-métrage. L'arc avec les multiples Buzz Lightyear par exemple, ça n'apportait pas grand chose à l'histoire qu'on nous amène.
B: Ça sert surtout à leur offrir un moyen de transport éventuellement, mais effectivement au niveau de la quête principale c'est pas l'aspect le plus utile.
É: Par contre, j'ai beaucoup aimé les moments où on entrait dans l'imaginaire des enfants quand ils jouaient.
B: C'était vraiment réussi, l'animation est vraiment belle et rafraichissante. Si on regarde les Pixar des dernières années, les animations sont toujours similaires, c'est beau, mais les personnages se ressemblent tous. Alors quand ces moments là arrivent, on vit un émerveillement supplémentaire, c'est génial.
É: On se sent vraiment dans la tête d'un enfant et ça rappelle des souvenirs de jeu qui ajoute une folie. J'ai aussi aimé l'aspect que chaque jouet est là pour un objectif, que ce soit une technologie avancée ou pas, ils ont tous un objectif dans l'apprentissage d'un enfant et ça ne veut pas dire que parce que tu as joué pendant seulement trois mois avec le jouet qu'il a un moins gros impact dans le développement. Mais surtout que, ce n'est pas parce que tu ne joues plus avec le jouet en question que ça n'a pas laissé d'impact sur la personne que tu deviens.
B: Il y a tellement une magnifique scène qui corrobore ce que tu es en train de dire, c'était vraiment touchant.
É: Oui, ça m'a un peu ému, j'essayais de te regarder voir si tu vivais la même émotion... Mais c'était vraiment beau. Ça rappelait aussi quelques éléments des films précédents, j'aurais peut-être aimé les revoir avant, même si ce n'est vraiment pas nécessaire pour la compréhension.
B: Juste par pur plaisir, ça vaut tellement la peine de les revisiter, c'est tellement bon. Mon préféré, ça reste Toy Story 3, il a un attachement émotif particulier parce qu'Andy et moi avons à peu près la même âge, donc sa passation à la fin du film c'est un peu la même pour moi donc ça réussit à toucher à des cordes sensibles. De la même manière que j'ai donc moins de point d'attache au cinquième film comme, ce n'est plus ma génération, quoi que les parents pourraient très bien être des gens de mon âge, mais pour cette raison là je n'ai pas la même appréciation que j'avais des précédents. Reste tout de même que le film est vraiment bon quand même.
É: Vraiment, mais j'ai quand même trouvé quelques longueurs, on a compris l'histoire que tout le monde se perd tout le temps et qu'on doit aller la retrouver, mais c'est probablement un parcours nécessaire à la quête pour ajouter des actions. Par contre, j'ai bien aimé la réflexion par rapport au choix des ami(e)s. La technologie peut amener des connexions improbables entre les gens, mais que les relations doivent évoluer au-delà de l'écran, que la technologie devienne un outil pour connecter et non pas la raison de la connexion.
B: À ton avis, est-ce que c'est le grand retour de Pixar qui ont connu un petit creux de vague depuis Soul, leur dernier Oscar, alors qu'avant c'était classiques par dessus classiques qui raflaient tout sur leur passage dans les galas. Autant que Toy Story 5 est très bon, ce n'est même pas le meilleur Pixar de l'année, Hoppers y est supérieur à mon avis.
É: Je n'ai pas trouvé que c'est un film à la hauteur d'un Oscar qui ramène aux plus grands films du studio, mais ça reste quand même de la qualité.
B: C'est définitivement pas Toy Story 4 qui était un désastre à mon avis. J'aurais voulu qu'on s'en tienne à une trilogie qui bouclait si bien la boucle, mais je ne suis vraiment pas déçu du cinquième, c'est encore efficace. Tu lui donnes combien sur 10?
É: Je pense que j'irais avec un 7.
B: J'ai aussi hésité entre 7 et 8, j'y vais avec un 8 sur 10. J'ai beaucoup aimé, c'est un film intelligent qui va être intéressant à revisiter et qui s'inscrit bien dans l'air du temps.



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