top of page

Regard rétrospectif sur Star Wars

  • Marc-Antoine Labonté
  • 25 mai
  • 6 min de lecture

Permettez-moi de donner un ton très personnel à ce tout premier texte que je rédige pour Rétrospectives. Dans la foulée de la sortie de The Mandalorian and Grogu, j’ai envie de discourir vaguement et simplement sur mon rapport à la série Star Wars. Comme par hasard, j’ai regardé la semaine dernière Le retour du Jedi, sixième étape dans mon revisionnage complet de la saga amorcé il y a maintenant près d’un an. Je ne me définirais pas comme un fan de Star Wars. À vrai dire, je pense bien que je préfére parler de Star Wars que d’en regarder les films. Du moins, ça dépend lesquels. 


Souvenirs d’enfance

Comme beaucoup de gens de ma génération, mon premier contact avec Star Wars s’est fait avec La menace fantôme. J’ai vu le film à la télévision ou sur VHS peu de temps avant la sortie de l’épisode II. Je me souviens d’avoir trouvé Jar Jar Bins rigolo, Darth Maul très cool et d’avoir été vaguement triste de la mort du vieux Jedi dont je n’arrivais pas à retenir le nom. Le film ne m’a toutefois pas marqué plus que ça. Pour ce qui est de l’épisode II, je n’ai pas été en mesure de le terminer. À l’époque, j’étais un grand fan d’Harry Potter, livres, films et produits dérivés compris. Le Seigneur des anneaux a été un immense coup de cœur cinématographique que je me repassais en boucle. En 2003, Pirates des Caraïbes m’a passionné encore plus que les deux premiers Spiderman de Sam Raimi. Bref, en terme de cinéma fantastico-épique, Star Wars était bien loin de mes préoccupations. 


J’ai tout de même eu un sursaut d’intérêt au moment de la sortie de l’épisode III, La revanche des Siths. C’est à ce moment que certains amis bien instruits m’ont informé de l’histoire complète de la saga et du fait qu’Anakin était en fait Darth Vader! Bon, je ne savais pas qui était Vader, donc je croyais qu’il était question de Darth Maul, celui que j’identifiais alors comme le principal antagoniste de la série. J’ai compris rapidement que Darth Vader était en fait un individu casqué et tout de noir vêtu et que c’était le méchant principal dans les-vieux-films-qui-sont-en-fait-des-suites. 


J’ai revu les épisodes I et II avec enthousiasme avant de me précipiter au cinéma pour le troisième film. Le revisionnage des deux premiers opus m’a laissé sur ma faim, mais j’avais bon espoir que le troisième serait le chef-d’œuvre que j’attendais. Est-ce utile de préciser que j’ai été déçu? Pour moi, le film faisait pâle figure face aux sagas que j’adorais à l’époque et que je vous ai citées plus haut. J’avais du mal à m’attacher aux personnages et aux événements traversés. J’avais d’ailleurs du mal à comprendre ce sentiment, puisqu’il était très rare à l’époque que je me sente autant à distance des événements d’un film. Bref, ma passion nouvelle pour Star Wars s’est évanouie au moment de quitter la salle de cinéma. Pendant des années, je n’y ai plus pensé.


Découverte de la trilogie originale

À la fin de mon adolescence, autour de 2011, je m’intéressais de façon croissante au cinéma et à son histoire. Il m’est apparu de plus en plus inévitable de devoir découvrir enfin réellement La guerre des étoiles. Mon ami Benjamin m’a prêté sa cassette VHS pirate contenant les trois Star Wars originaux. Il s’agissait des versions pré-1997, donc sans les retouches douteuses ajoutées par George Lucas. Je dois avouer avoir d’abord été surpris par ces films. Je gardais alors bien en tête le souvenir de la prélogie, ses grands enjeux pompeux, son univers de science-fiction complexe et ses plans larges ou les personnages sont toujours tout petits. Avec la trilogie originale, j’ai découvert des films beaucoup plus terre à terre, des enjeux simples et des personnages beaucoup plus incarnés (et donc attachants). 


Après mon visionnage complet de la trilogie, j’en étais arrivé à la conclusion que Lucas avait gâché la saga avec sa prélogie. Il était devenu clair pour moi que Star Wars était l’histoire d’un groupe d’amis devant sauver le monde et que c’était ce que ça devait toujours être. Vouloir déroger de ce schéma simple avait complètement desservi la série selon mon avis de l’époque.


Épisodes VII à IX

Je ne veux pas trop m’étendre sur ces films, puisque je les reverrai dans les prochains mois et pourrai en avoir un avis davantage actualisé, mais l’annonce de l’épisode VII s’est accompagnée à l’époque pour moi de beaucoup d’attentes et d’espérances. Le retour des personnages originaux, des costumes en plastiques, des animatroniques, des décors naturels et de toutes sortes d’autres choses de ce genre avait de quoi me plaire. Comme de fait, je n’ai pas été déçu par Le réveil de la force. J’ai eu l’impression que le film respectait beaucoup plus l’esprit de la saga – du moins tel que je le concevais – que la prélogie de Lucas ne l’avait fait. Seul défaut : j’avais trouvé le rythme un peu trop rapide, ce qui rendait les moments censés être mémorables (comme la mort d’un certain personnage principal) beaucoup moins impactants que ce qu’ils auraient pu être. 


L’épisode VIII a complètement réglé ce problème de rythme. Plusieurs choix scénaristiques sont douteux, mais de nombreuses scènes du film sont extraordinaires. L’audace de Rian Johnson à certains moments du film m’avait jeté par terre à l’époque. Ce fut toutefois tout le contraire avec l’épisode IX, beaucoup trop convenu dans son obstination à effacer chaque écart fait par le film précédent. Surtout, j’avais complètement décroché du film au cinéma en raison de son rythme beaucoup trop effréné. C’était l’épisode VII en 10 fois pire, un film Tiktok avant l’heure. Le film ne m’a paru qu’une suite de péripéties inintéressantes et sans but qui s’enchainent les unes après les autres. J’avais l’impression de voir davantage une fan fiction qu’un vrai film officiel, comme en témoigne le passage de Lando, digne du caméo d’Elijah Wood dans Spy Kids 3D, sans le 2e degré assumé. C’est d’ailleurs le seul des neuf films que je n’ai jamais revu pour le moment.


En guise de conclusion

Star Wars n’a jamais vraiment fait partie de mes séries de films préférés. Toutefois, comme vous avez pu le constater à la lecture de ce texte, j’aime beaucoup en parler. Comme mentionné au départ, dans la dernière année, j’ai revu les épisodes I à VI. Je ne suis pas un adepte de cet ordre de visionnage, mais il s’explique par le fait que cela faisait longtemps que je n’avais pas revu la prélogie et j’avais donc envie de commencer par elle. J’ai appris à apprécier davantage les épisodes I à III pour eux-mêmes, sans avoir à les comparer constamment à la trilogie originale et à son esprit. Cela ne veut pas pour autant dire que je considère qu’il s’agit de bons films. Même La revanche des Siths¸ que tant de gens encensent aujourd’hui, m’est apparu comme une horrible exécution à partir d’un excellent synopsis. À vrai dire, je crois même avoir préféré L’attaque des clones, puisqu’il s’agit de l’épisode qui nous fait le plus découvrir l’univers de Star Wars : ses planètes, ses peuples, ses villes, ses institutions et sa technologie. En comparaison, l’épisode III se cantonne aux hautes sphères du pouvoir et aux rapports entre ses personnages de tragédie grecque tels qu’on aurait pu voir dans un pastiche écrit et interprété par une classe de français de secondaire 5.


Revoir la trilogie originale ne m’a pas appris grand-chose de nouveau, à part que L’empire contre-attaque est de loin l’épisode le plus maitrisé de toute la saga. Encadré par le maladroit La guerre des étoiles de 1977 et le mollasson Retour du Jedi en 1983, le film de 1980 réussit à nous plonger dans des péripéties intéressantes, des enjeux importants et nous fait suivre des personnages de chair et d’os (ou de métal). La relation entre Han et Leia dans cet épisode est d’ailleurs selon moi l’élément le plus réussi du film sur cet aspect.


Voilà, c’était ce que j’avais envie d’écrire sur Star Wars. Je n’ai pas envie d’en tirer une thèse générale. Il s’agissait simplement de commentaires et impressions personnels. D’ailleurs, toute incohérence entre ce texte et le top des films de la saga publié récemment sur ce site est là pour le prouver. Si cela vous dérange, vous en parlerez au patron.

 
 
 

Commentaires


bottom of page